Installation en Espagne

By 29 juin 2018Astronomie

L’aventure débute au mois de janvier 2018 lorsque Fabien me met en contact avec Jean-Paul qui compte s’installer à E-Eye en Espagne et cherche un partenaire. J’accepte tout de suite. Nous avons 5 mois pour tout préparer!

Choix du matériel

Pour la partie optique et monture nous choisissons de faire simple pour commencer et d’utiliser le matériel que l’on possède. Quand nous aurons acquis de l’expérience sur le remote, cela sera le bon moment de passer à plus gros.

C’est donc la lunette Takahashi TSA 120 (900mm de focale, 120mm de diamètre) modifiée avec un crayford Feather Touch Starlight Instruments 3″, un correcteur TOA 35FL. Pour protéger la lunette, et faire des flats, nous choisissons un Gemini Snap Cap, ainsi qu’une résistance chauffante AstroZap (on nous dit qu’il n’y a pas d’humidité la bas, mais dans le doute….).

La monture retenue est la Skywatcher AZ-EQ6. Elle supporte le poids de notre matériel, et nous la connaissons assez bien. Elle sera fixée sur le pied avec une platine de fixation SkyMeca, connecté via un câble USB EQDirect Pierro Astro.

Pour le focuser, c’est le Sesto Senso de PrimaluceLab, après avoir fini par trouver une pièce d’adaptation sur le crayford, et une sonde de température.

Pour la partie imagerie, nous choisissons d’aller vers du CMOS, et de ne pas embarquer notre matériel CCD vieillissant. Nous choisissons donc une caméra QHYCCD 163M, une roue à filtre QHYCCD CFW2 MUS, un diviseur optique QHYOAG S, une caméra de guidage QHYCCD 178M, et des filtres astrodon 36mm non montés LRGB, ainsi que des Ha, OIII et SII 5nm.

Le tout est accompagné d’un Hub USB 3.0 Startech 7 ports afin de gérer tout cela et de n’avoir qu’un seul câble USB vers le PC.

La gestion de l’alimentation est faite par un Lunatico Dragonfly, un transformateur 14V 20A Powerbase, et un onduleur Delta Power 1kVA; la gestion du réseau par un switch ethernet Netgear GS110EMX 8 ports.

Pour le PC de contrôle, c’est un NUC I5, 8go de RAM, SSD de 250go sous Windows 10 Pro, accompagné d’un disque dur externe SSD Samsung 500go pour les backups système en cas de besoin de restauration, et un Nas WD MyCloud 3to pour le stockage des images, et un hub USB 3.0 supplémentaire.

Etant donné que nous sommes 8 dans l’abri (Apollo V), impossible d’utiliser de caméra de surveillance IR. Nous optons donc pour une Astrograph Nite Devil, très sensible et fonctionnant donc de nuit, connectée au PC de contrôle. Pour une surveillance de jour, une simple webcam sur le pc de contrôle, ainsi qu’une autre permanente contrôlée par un Raspberry Pi.

La gestion des conditions extérieur est déléguée à un AAG Cloudwatcher et un AAG Solo. Le toit, lui est fourni par E-Eye est géré par un mécanisme Talon ROR 6.

Deux prises IPs IP Power 9255 pour gérer les redémarrage et nous sommes au complet.

Câblage

Nous installons tout chez Jean-Paul, afin de pouvoir commander des câbles USB or et tressés de bonnes dimensions, ainsi que les bon RJ45 et câbles d’alimentation pour le Dragonfly. Sur place on nous prépare un pied de la bonne dimension, ainsi qu’un caisson. Jean-Paul nous arrange tout cela en fixant le tout sur rail, en numérotant et identifiant tous les câbles chez lui.

S’en suit l’installation des logiciels et drivers, configuration de tout le système, et premiers tests en extérieur pour ajuster le backfocus avec des bagues fines, ainsi que mettre au point la caméra de guidage. Les réglages seront à refaire sur place, mais nous souhaitons vérifier que ces réglages sont possibles. Au bout de plusieurs nuits, on est bon.

Ensuite nous préparons la configuration réseau afin de gagner du temps sur place d’une façon simple: on applique toutes les IPs fixe et redirections que nous aurons sur place sur la box de Jean-Paul. >/p>

Installation à E-Eye

Après 5 mois de préparation, nous voilà parti la dernière semaine de mai dans le sud de l’Espagne. Transport en voiture pour le matériel avec Jean-Paul qui en profite pour faire un mois de vacances dans la péninsule ibérique. Tout le matériel est bien emballé pour ce long trajet. De mon coté ça sera l’avion. 2h30 de vol pour Seville où je retrouve Jean-Paul et ensuite 1h30 de route dans les montagnes.

Premier problème en arrivant sur place: le module Apollo V n’est pas fini! Il va nous falloir installer le matériel pendant que les ouvriers finissent. Bon notre pied et le toit sont la, on peux tout même commencer, c’est le principal.

Heureusement, Jean-Paul a tout noté et étiqueté, il est donc assez facile de tout installer. On a prévu pas mal de matériel en double, et c’est une bonne chose car il va nous arriver quelques imprévus.

Nous nous sommes mal compris avec le propriétaire sur la hauteur du pied. Ce n’est pas un gros problème, on installe une platine plus haut pour corriger. On adaptera le pied plus tard, lorsque nous mettrons un instrument plus grand.

Le ventilateur prévue dans le caisson nous lâche assez vite. Pas possible de le remplacer. Le hub USB 3.0 du caisson rend l’âme aussi, on le remplace par le hub USB de rechange de la lunette. Il y a ensuite quelques câbles trop courts à changer, notamment pour se connecter au réseau E-Eye.

Point de vue réseau, aucun problème, notre préparation à l’avance à bien aidé!

Le temps n’est pas très beau la journée (il fait même froid), mais les soirées sont assez claires et nous laissent le temps de faire la mise en station, vérifier le backfocus, affiner la mise au point de la caméra, et faire notre premiers tests. A priori tout tourne!

Bon autant le dire tout de suite, après avoir visiter les 5 modules Apollo, nous avons clairement le plus petit setup. Mais au final notre volonté de commencer petit avec un matériel que nous connaissons nous a permit de partir après 5 jours avec un setup complètement opérationnel. Ce qui n’a pas été le cas de nos voisins.

Notre voisin de gauche est un belge, avec un ODK 16’’ sur monture ASA . A droite, un groupe de finlandais en 14’’ sur 10Microns. A priori, dans le fond d’Apollo V, est prévu un 20’’ sur fourche.

Nous allons partir sans avoir pu voir de nos propres yeux ce ciel réputé si clair: nous étions là sur la période de la pleine lune malheureusement.

Les premières galères

A peine rentré en France que les nuits claires se sont succédées. Nous avons pu affiner la configuration des logiciels afin d’automatiser la prise de vue.

Dans l’ordre, en un mois, déjà des galères:

  • 2 jours sans réseau due à un problème technique sur place
  • La LED du SnapCap qui nous lâche. Bon on fera les flats sur le ciel en attendant.
  • Tableau qui disjoncte en pleine nuit, en ayant mal configuré les alertes nous empêchant de nous en rendre compte et de réagir à temps sur les 7 min de l’onduleur.
  • Windows 10, ses mises à jour, les drivers ASCOM…

Et vite une première image!

Et ensuite?

On va surement prévoir un voyage fin d’année, pour voir ce que l’on peut faire avec la LED du SnapCap, changer le système de caméra de surveillance et installer la deuxième, remettre un ventilateur dans le caisson, rajoute un détecteur d’humidité, etc…

Et sinon surement l’an prochain nous allons commencer à faire évoluer le setup: changement de la monture pour une direct drive supportant plus lourd, pour ensuite monter un 14’’ ou 16’’ dessus. Et pourquoi pas finir un une caméra plein format, soyons fou!